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A propos du Musée des Bujoliers à Saint Césaire

Délimité à l’Est par Cognac, à l’Ouest par le littoral charentais, par St Jean d’Angêly et Niort au Nord, et enfin Jonzac au Sud, la Saintonge romane, pourrait avoir pour coeur, Saint Césaire, car très proche géographiquement de Saintes, sa grande voisine.

En Saintonge romane, aujourd’hui, c’est l’activité viticole qui prédomine. Mais de tout temps, elle a disposé d’atouts naturels qu’elle a toujours su valoriser.

On y trouve des terres à base d’argile, et les exemples de poteries diverses, charniers, bujours, tuiles romanes, céramiques,...réalisés dans les fours ruraux autour de St Césaire et alentours ne manquent pas. Les blocs de calcaire trouvés eux dans des carrières ça et là, et destinés à faire de la chaux et de la bouillie bordelaise étaient très souvent cuits dans les mêmes fours que ceux utilisés pour les tuiles. Il en existe encore quelques exemplaires. « Tout le monde vivait de la tuile » Jean Chapelot 1976.

Les bois ne manquent pas en Saintonge romane, et il en faut pour ces fours énormes, gros consommateurs de fagots, et seulement régulés par le savoir faire de l’homme.

Et de l’eau, il en faut également pour des raisons de sécurité, et de refroidissement. Les nombreuses sources, fontaines romaines, mares quand nécessaire, situées dans les vallons feront l’affaire.

Tous les éléments matériels sont réunis, et il ne reste plus alors qu’à faire appel à l’intelligence de l’homme pour faire fonctionner cela. Ces femmes, ces hommes courageux, ces Saintongeais durs au mal vivent, pour les plus aisés, dans des habitations semblables à celle que l’on peut découvrir au musée de Saint Césaire. Ce musée ouvert en 1982 vous apportera son vécu, ses témoignages, ses meubles, ses vêtements, ses outils, ses poteries, ...ses anecdotes, voire peut être même une pincée de patois saintongeais pour colorer la visite.

Joël Lamiraud, 5 avril 2023

« … Pour que les souvenirs de ces temps révolus ne s’oublient pas… quelques personnes bien inspirées, aidées par les autorités locales, décidèrent de transformer une maison charentaise, bien située et devenue par donation propriété de la commune de Saint-Césaire, en un lieu destiné à conserver le patrimoine local, modeste mais représentatif de ce que fut cette vallée du Coran si bien connue par ses productions et ses illustres personnages. » C’est ainsi que René Boucher, quelques mois avant sa mort en août 2000, parlait du Musée des Bujoliers. Il ne précisait pas que Jacqueline, sa femme, assista en personne Célina Vinet dans ses dernières heures, apportant soutien à une vieille amie et honorant ainsi un accord qui allait apporter à Saint-Césaire une dimension culturelle nouvelle.

Célina est née en 1879 dans cette maison construite par son père Alexandre Vinet 19 ans plus tôt. Elle s’y est mariée à l’âge de 20 ans et y a vécu toute sa vie. Dans ses vieux jours, seule, veuve et sans enfants, elle conclut un accord avec le Maire de l’époque, René Boucher : en échange de l’assurance d’une vieillesse acceptable dans sa maison et d’une assistance quotidienne, elle lègue tous ses biens à la commune : sa maison, mais également le hangar situé en face (aujourd’hui le restaurant), et ses terres (dont le terrain de camping).

Elle meurt en 1968 à l’âge de 87 ans.

Le musée ouvre ses portes en 1972. Arrêt sur image de la vie d’une famille d’agriculteurs vignerons, on peut encore observer les meubles, la vaisselle, les habits de l’époque. L’appartement où vivait Célina est resté intact, confié aux bons soins de Pierre Sauverre pendant 25 ans, puis de Noël Maixent et son épouse pendant 24 ans.

Le musée, avait fermé ses portes au début du mandat de Mireille André, en pleine période Covid et pour des raisons de normes de sécurité. Les travaux nécessaires à sa réouverture avaient été reportés à la faveur d’autres projets qui n’ont pas pu voir le jour.

La nouvelle municipalité a fait de sa réouverture l’une de ses priorités, engageant immédiatement les travaux de mise aux normes et un rafraîchissement de la muséographie : vitrine relookées, informations de visite, citations de Célina, curiosités, mises en scène, patois charentais, musiques, mais également une toute nouvelle exposition sur les bujoliers et leurs fameux bujours… Tout a été fait pour redonner vie à ce musée de société riche et étonnant.

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